Des délais
qui s'allongent
Obtenir un rendez-vous pourrait prendre des semaines, voire des mois.

Une mobilisation citoyenne pour défendre un accès aux soins accessible, humain et durable en Belgique.
Certaines réformes actuellement envisagées pourraient avoir des conséquences directes sur votre accès aux soins.
Obtenir un rendez-vous pourrait prendre des semaines, voire des mois.
Le nombre de praticiens par habitant continue de reculer.
Se faire soigner pourrait imposer de longs trajets, surtout en zone rurale.
Choisir son praticien ou son traitement deviendrait plus difficile.
Le temps et l'attention accordés à chacun risquent de diminuer.
Surcharge et épuisement menacent la qualité des soins.
La campagne ne vise pas uniquement à alerter. Elle porte également des pistes de solutions concrètes.
Dans de nombreuses régions, trouver un médecin ou un spécialiste relève déjà du parcours du combattant. Sans mesures fortes, ces zones blanches vont se multiplier.
L'UBPS propose des incitants à l'installation dans les zones sous-dotées et un soutien concret aux pratiques de proximité et aux maisons médicales.
Allongement des files d'attente, reports de consultations : l'accès rapide aux soins n'est plus garanti pour tous.
Alléger les charges administratives et renforcer les équipes pour redonner du temps aux patients et aux soignants.
Certaines réformes pourraient orienter, voire imposer, le choix du praticien ou du parcours de soin.
Inscrire dans la loi le libre choix du soignant et garantir la transparence des parcours de soin.
Standardisation et cadences accrues fragilisent la relation humaine au cœur du soin.
Reconnaître le temps de la relation soignant-patient et soutenir des conditions d'exercice dignes.
Chaque soutien renforce le poids de cette mobilisation auprès des décideurs.
Des citoyens, des patients et des professionnels partagent leur réalité. Faites glisser horizontalement →
Trois mois pour un rendez-vous.
Je me bats chaque jour pour donner du temps à mes patients. Ce temps, on me le retire peu à peu : plus de paperasse, des consultations toujours plus courtes, des objectifs comptables. À la fin, c'est la relation de soin qui s'érode. Or soigner, ce n'est pas seulement poser un acte technique : c'est écouter, rassurer, accompagner. Je crains que la prochaine génération de médecins n'ait plus jamais connu autre chose que la cadence.
J'ai peur de tomber malade.
Étudiante en soins infirmiers, je m'inquiète déjà des conditions qui m'attendent demain. En stage, je vois des équipes à bout, des collègues qui enchaînent les heures supplémentaires et qui finissent par quitter le métier qu'ils aimaient. On nous forme à prendre soin des autres, mais qui prend soin des soignants ? Si rien ne change, je me demande sincèrement combien d'entre nous tiendront cinq ans.
On m'a annoncé trois mois d'attente pour un simple rendez-vous. Trois mois.
Plus de médecin au village.
Pour mes parents âgés, chaque trajet vers un spécialiste est devenu une épreuve.
Après mon AVC, chaque médecin me l'a répété : la rééducation devait commencer tout de suite, c'est là que tout se joue. Mais il a fallu attendre des semaines pour une place en kiné, puis encore des semaines pour le logopède. Pendant ce temps, je perdais des capacités que j'aurais pu garder. Aujourd'hui je récupère, mais je sais que j'ai payé ces délais au prix fort. Personne ne devrait avoir à courir après les soins après un tel choc.
Je suis aide-soignante depuis vingt ans et je n'ai jamais vu autant de collègues craquer. On court d'une chambre à l'autre, on n'a plus le temps de s'asseoir cinq minutes auprès d'une personne qui s'éteint. Ce métier, je l'ai choisi pour l'humain, et c'est précisément l'humain qu'on nous demande de sacrifier. Le soir, je rentre épuisée, avec le sentiment de n'avoir bien fait mon travail pour personne. Ça ne peut plus durer comme ça.
Soigner devient un luxe.
Pharmacien de village, je suis souvent le dernier soignant que les gens croisent. Et je vois passer de plus en plus de personnes qui renoncent : elles reposent une boîte sur le comptoir parce qu'elle n'est pas remboursée, repoussent un traitement, coupent les comprimés en deux pour tenir plus longtemps. Ce ne sont pas des cas isolés, c'est devenu quotidien. Quand se soigner devient un calcul, c'est toute une société qui recule.
Avec deux enfants en bas âge, ne plus avoir de pédiatre à proximité change tout le quotidien.
Qui prendra soin de nous ?
Le plus proche spécialiste est à trente minutes de route.
J'ai annulé ma consultation, faute de moyens.
Mon kiné a fermé son cabinet.
Maman d'un enfant porteur de handicap, je passe mes journées au téléphone à chercher des rendez-vous, des places, des aides. Neurologue, kiné, ergothérapeute : partout des listes d'attente de plusieurs mois. J'ai parfois l'impression d'être devenue une coordinatrice de soins à plein temps, sans diplôme et sans repos. Mon fils, lui, n'a pas le temps d'attendre : il grandit. Chaque mois perdu est un mois qu'on ne rattrapera pas.
Les urgences sont saturées chaque nuit que je travaille.
Médecin en zone rurale, je suis seul pour des dizaines de kilomètres à la ronde. Quand je partirai à la retraite, je ne sais pas qui me remplacera : aucun jeune confrère ne veut s'installer aussi loin de tout. Alors je continue, bien au-delà de l'âge où j'aurais dû lever le pied, parce que je ne peux pas me résoudre à laisser mes patients sans personne. Mais le courage de quelques-uns ne remplacera jamais une vraie politique de santé.
On rationne déjà les soins.
À la campagne, vieillir sans médecin fait peur.
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